L'agence web & print Presqu'ile Guérande La Baule
SEO de Shrodinger

On voulait être cités par les IA. Maintenant, on aimerait bien qu’elles nous rendent nos visiteurs.

Nous avons un petit problème.

Depuis plusieurs mois, nous essayons de comprendre comment rendre Outremer visible dans les réponses produites par les intelligences artificielles.

Et ça commence à fonctionner.

Google utilise désormais régulièrement plusieurs dizaines de pages du site dans ses fonctionnalités IA. Certains de nos articles y apparaissent davantage que notre page d’accueil. Les impressions progressent et deviennent presque quotidiennes.

Formidable.

Sauf qu’il manque un détail.

Les visiteurs.

Et nous venons peut-être de découvrir le paradoxe le plus savoureux du GEO : nous travaillons dur pour produire des contenus suffisamment intéressants pour aider Google à répondre directement à ses utilisateurs… qui ont alors encore moins de raisons de venir les lire chez nous.

Il fallait y penser.

Google nous voit. Champagne ?

Au début de l’été, Outremer était pratiquement invisible dans les fonctionnalités IA de Google.

Une impression de temps en temps. Puis deux. Puis quelques apparitions plus régulières.

À partir de la fin juillet, quelque chose change. En août, les impressions s’installent. En septembre, elles deviennent presque quotidiennes. Début octobre, Search Console nous indique que plus d’une trentaine de pages différentes du site sont apparues dans ces environnements.

Et il ne s’agit pas uniquement de nos pages commerciales.

On retrouve notre page d’accueil, nos pages consacrées à la création de sites, mais également des articles sur l’intelligence artificielle, la culture Web, la Dead Internet Theory ou encore notre fameux « Un tsunami sur le web ».

Celui-là est particulièrement amusant.

Publié en octobre 2025, il a passé des mois à contempler paisiblement les profondeurs de Google avant de devenir, presque un an plus tard, la page d’Outremer générant le plus d’impressions dans ses fonctionnalités IA.

Nous voulions devenir une source.

Apparemment, nous sommes en train d’y arriver.

Et c’est précisément là que les ennuis commencent.

Parce qu’une impression IA n’est pas un visiteur

Une impression dans ce rapport signifie qu’un utilisateur a effectué une recherche donnant lieu à une réponse générative de Google et qu’un lien vers une page d’Outremer lui a été présenté parmi les ressources associées.

C’est plutôt flatteur.

Mais imaginons la scène.

Quelqu’un pose une question.

Google trouve plusieurs bonnes sources, dont Outremer.

Google les utilise pour construire sa réponse.

Google répond.

L’utilisateur lit la réponse.

Il est content.

Fin.

Merci pour votre participation, Outremer.

Pendant vingt-cinq ans, le contrat tacite du Web était légèrement différent.

Nous produisions l’information. Google aidait les internautes à la trouver. Et lorsqu’il estimait qu’une page répondait correctement à leur question, il leur indiquait le chemin.

Question. Recherche. Résultat. Clic. Site.

Désormais, une autre séquence devient possible.

Question. Recherche. Réponse.

Le site existe toujours. Il peut même être ostensiblement cité juste à côté.

Mais il n’est plus nécessaire.

Nous sommes peut-être en train d’inventer le référencement sans visiteurs.

Nous nous sommes peut-être trompés de question

Depuis que le GEO est devenu le nouvel acronyme à la mode, tout le monde cherche plus ou moins la même chose :

comment apparaître dans ChatGPT, Gemini, Perplexity ou les réponses IA de Google ?

C’était aussi notre question.

Mais si l’expérience Outremer continue dans cette direction, il va rapidement falloir en ajouter une seconde :

pourquoi quelqu’un cliquerait-il sur la source si l’IA vient de lui donner la réponse ?

Et celle-là est nettement plus intéressante.

Parce qu’il ne suffira probablement plus de produire « la meilleure réponse ».

Une intelligence artificielle est précisément très douée pour prendre dix bonnes réponses, les résumer et fabriquer une onzième réponse suffisamment satisfaisante pour que personne n’ait envie d’aller vérifier les dix premières.

Produire encore davantage de contenus parfaitement digestibles par les machines pourrait donc aboutir à une situation assez absurde : devenir un excellent fournisseur de réponses gratuites sans récupérer le lecteur qui les cherchait.

Il va falloir mériter le clic

La solution n’est probablement pas de devenir illisible pour les IA.

Si une part croissante de la recherche passe par ces interfaces, disparaître volontairement de leurs radars ressemble davantage à une bouderie qu’à une stratégie.

Il faut continuer à être compris.

Mais il va probablement falloir posséder quelque chose que la synthèse ne peut pas emporter entièrement avec elle.

Prenons le GEO lui-même.

Si nous écrivons un article intitulé « Qu’est-ce que le GEO ? », Google peut parfaitement le digérer avec vingt autres, produire cinq paragraphes impeccables et répondre à la question.

Nous aurons été utiles.

Magnifique.

En revanche, si nous documentons pendant six mois ce qui arrive réellement à un site lorsque nous essayons de le rendre visible dans les IA, la situation change.

Nous avons les dates. Les impressions. Les pages concernées. Les captures Search Console. Les changements effectués. Les erreurs. Les surprises. Et bientôt les effets éventuels de Dowop sur cette expérience.

Une IA pourra raconter ce que nous avons découvert.

Mais l’expérience reste chez nous.

Et c’est peut-être là que se trouve une partie de la réponse.

Les contenus qui survivront le mieux à la synthèse automatique ne seront peut-être pas ceux qui expliquent le mieux ce que tout le monde sait déjà.

Ce seront ceux qui apportent quelque chose qui n’existait pas avant eux.

Une expérience. Une donnée. Une démonstration. Un outil. Une enquête. Une opinion suffisamment singulière pour qu’on ait envie de savoir pourquoi son auteur pense cela.

Bref : une raison d’aller voir la source.

Bienvenue dans le SEO de Schrödinger

Nous voici donc dans une situation assez formidable.

Notre site devient plus visible.

Google commence à considérer certains de nos contenus comme des ressources intéressantes.

Plus de trente pages d’Outremer apparaissent déjà dans ses fonctionnalités IA.

Notre expérience GEO commence donc à produire exactement ce que nous cherchions.

Et nous sommes frustrés parce que personne ne clique.

Notre référencement fonctionne et notre trafic ne bouge pas.

Bienvenue dans le SEO de Schrödinger.

Il est évidemment beaucoup trop tôt pour conclure que les moteurs génératifs vont tuer le trafic des sites qui les alimentent. Quelques mois d’expérience sur Outremer ne suffisent pas à réécrire l’histoire du Web.

Peut-être que les clics arriveront.

Peut-être que cette visibilité produira autre chose : de la notoriété, des recherches de marque, de la confiance ou des conversions impossibles à attribuer directement.

Ou peut-être sommes-nous réellement en train de construire un Web dans lequel être visible et être visité deviennent deux choses différentes.

Nous voulions savoir si les IA finiraient par nous voir.

Elles commencent à nous voir.

Très bien.

Maintenant, si elles pouvaient nous rendre quelques humains, ce serait sympa.

SEO de Shrodinger
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✖ Marius